Budget et organisation d’un safari dans le parc Kruger

par | Nov 1, 2018

Toutes les photos qui illustrent cet article ont été prises dans le parc Kruger !

Kruger, c’est quoi ?

Le parc Kruger est un parc national qui se situe au nord-est de l’Afrique du Sud. Ses dimensions sont assez impressionnantes : environ 350 kilomètres de long pour 60 kilomètres de large. Pour comparaison, ça fait plus ou moins un rectangle qui va de Biarritz à La Rochelle en longueur et de l’océan à Bordeaux en largeur !

A l’intérieur du parc, on se retrouve immergés dans une nature protégée où les seuls interventions humaines sont :

  • les routes (quelques une sont asphaltées, le reste c’est de la piste)
  • les camps (espacés d’environ 50 kilomètres les uns des autres)
  • certains points d’eau (mais une grande partie des points d’eau artificiels sont en train d’être fermés car ils déséquilibrent l’écosystème)

Kruger, c’est l’endroit idéal pour partir à la découverte de la faune africaine. Le rapport qualité/prix du safari y est imbattable. On y trouve une variété et une quantité incroyable d’animaux sauvages, pour un coût total bien inférieur à un voyage dans les pays voisins ou en Afrique de l’Est.

Quel budget prévoir ?

Notre dernier séjour à Kruger remonte à décembre 2017. Nous sommes partis à deux, pendant deux semaines, ce qui nous a fait 11 jours complets de safari dans le parc. Tout inclus, ça nous a coûté 1 500€ par personne :

350€ d’hébergements
250€ de nourriture

530€ d’avion
75€ de location de voiture
75€ d’essence

120€ de frais d’accès
100€ d’activités

Parmi tous ces postes de dépenses, il y en a qu’il est nécessaire d’expliciter : les frais d’accès. En version originale, ils s’appellent « Conservation fee », soit taxe de conservation.

Deux hippopotames au coucher du soleil

Pour un séjour court, il est plus économique de payer à la journée : 331R (20€) par jour et par personne. Ces frais sont payés dans les camps en plus de votre hébergement si vous dormez dans le parc, ou à la porte d’entrée si vous dormez à l’extérieur. Pour un séjour long ou si vous visitez plusieurs parcs en Afrique du Sud, il est plus intéressant d’acheter une Wild Card. Cette carte donne un accès illimité à tous les parcs du pays pour une durée d’un an. Elle coûte 2900R (175€) pour une personne seule, 4530R (270€) pour deux personnes, et 5420R (325€) pour une famille (deux adultes et jusqu’à cinq enfants).

Le tarif et le taux de change utilisés sont ceux d’octobre 2018. Allez toujours vérifier sur le site officiel les derniers tarifs en vigueur.

Quand y aller ?

Pour nous, c’est toujours le bon moment d’aller à Kruger. Chaque saison a ses spécificités mais il y a une constante : les animaux sont toujours là et on en verra quoi qu’il arrive. Certains vous diront qu’il vaut mieux y aller en saison sèche parce que l’observation y est plus facile : les herbes sont basses et les animaux sont (théoriquement) regroupés autour des points d’eau. En fait, nous nous sommes rendus dans le parc Kruger à différentes saisons, et nous n’avons pas la sensation d’avoir vu plus ou moins de bêtes. Par contre les ambiances étaient différentes.

Novembre à Mars

Saison humide
7 jours de pluie par mois en moyenne
15mm de précipitations par jour de pluie
Températures moyennes 20° 32°

Avril à Octobre

Saison sèche
2 jours de pluie par mois en moyenne
7mm de précipitations par jour de pluie
Températures moyennes 12,5° 28°

Au mois de Juin, les journées sont courtes. Ça permet de se coucher plus tôt et de se lever plus tard. On n’y perd même pas vraiment au change : la partie qui est raccourcie, c’est le milieu de journée pendant lequel le soleil cogne fort et que la majorité des animaux se reposent en attendant que la température redescende un peu. Les moments magiques que sont le matin et le soir sont eux toujours là !

Au mois d’Octobre, c’est la fin de la saison sèche, toutes les herbes sont jaunes et bien rases. La majorité des cours d’eau sont asséchés. Les animaux sont plus regroupés autour des quelques points dans lesquels il restent encore de l’eau.

Au mois de Décembre, l’herbe est verte, ce qui permet de vraiment faire ressortir les animaux sur les photos. En particulier les félins et leur pelage jaune… En plus de ça, c’est la saison des naissances chez les impalas. Et franchement, même si on en a parfois un peu notre dose de voir ces antilopes partout, les petits sont vraiment trop choux ! Il ne pleut même pas tant que : on n’a subi qu’une demi journée de pluie lors de notre séjour de 11 jours dans le parc.

Jeune léopard dans les herbes

Combien de jours prévoir ?

Pour nous, c’est autant que possible ! Pour vous… Soit vous êtes déjà partis en safari et vous avez une idée assez précise de combien de temps vous convient, soit c’est votre première fois et là, pas facile de déterminer combien de temps y passer. Notre conseil, c’est de prévoir au grand minimum 3 jours tout en vous recommandant d’essayer d’y consacrer 5 jours.

Koudous et phacochère au point d'eau

Pour bien profiter d’un safari, il faut pouvoir prendre le temps et laisser la nature nous montrer ce qu’elle a à nous offrir. Les personnes qui font un safari express n’ont qu’une seule obsession : voir les Big 5 (Buffle, Éléphant, Léopard, Lion, Rhinocéros). Quand on est là pour plusieurs jours, peu importe qu’on ait vu ces 5 bêtes dans la même journée ou pas. On a le temps de s’arrêter, de profiter et d’observer. Couper le moteur du véhicule et regarder une girafe se nourrir dans un arbre. S’installer dans une cache à oiseaux et voir les groupes d’animaux défiler au point d’eau. Revenir au même endroit que la veille pour voir si maman hyène et ses petits sont toujours là. Pour nous, prendre le temps, c’est respecter la nature, être à son écoute et chercher à la comprendre.

Un rythme qu’on aime bien, c’est passer deux nuits dans un camp avant de passer au suivant. On trouve que c’est un bon moyen d’avoir le temps d’explorer tous les recoins de la zone qu’on a décidé de couvrir. Ça nous permet aussi de faire une randonnée (voir la troisième partie du guide) sur un des matins et de sortir en voiture sur l’autre.

Et si jamais vous voulez explorer le parc dans son intégralité, on vous recommande d’y consacrer 10 à 12 jours.

Comment s’y rendre ?

L’aéroport international de Kruger Mpumalanga (KMI) est l’aéroport le plus proche du parc desservi par des lignes régulières. Mais les vols pour y aller coûtent cher. Pour un bien meilleur rapport temps de trajet/prix, nous vous recommandons de prendre un vol jusqu’à l’aéroport international O.R. Tambo de Johannesburg (JNB). Il faut ensuite compter entre 4 et 5 heures de route jusqu’à l’entrée sud-ouest du parc : la porte Malelane. Environ 1 heure avant d’arriver, on passe par la grande ville de Nelspruit, qui est un arrêt idéal pour faire des provisions.

On a toujours réussi à trouver des vols Paris-Johannesburg pour environ 500€, avec des horaires plutôt cools et des escales pas trop longues : on a volé deux fois avec British Airways (escale à Londres) et une fois avec Emirates (escale à Dubaï). On n’a jamais pris le vol direct Air France parce qu’il était plus cher mais aussi parce qu’il arrive bien plus tard en fin de matinée et qu’après ça peut vite être compliqué d’arriver à temps au parc avant que les portes ne ferment.

Les routes et les pistes du parc sont en bon état, on peut s’y rendre avec n’importe quel type de véhicule. Un 4x4 n’est absolument pas nécessaire. Un véhicule un peu haut permettra en revanche de repérer plus facilement les animaux et de mieux les observer si les herbes sont hautes. Mais en ce qui nous concerne, on préfère se rendre dans le parc Kruger avec un véhicule de petite taille. D’une part parce que c’est plus facile à manœuvrer et que ça permet de se glisser dans des petits recoins quand on arrive sur une scène où il y a du monde. Et d’autre part parce qu’on préfère être plus bas pour prendre nos photos et avoir une perspective plus à la hauteur des animaux.

Elephant sur une piste

Le gros avantage de l’Afrique du Sud, c’est qu’il n’y a pas ou peu de décalage horaire avec la France (quand on est en heure d’été, c’est la même heure, et quand on est en heure d’hiver, il y a une heure de décalage). Du coup, si on arrive à dormir un peu pendant le vol de nuit, on arrive (relativement) frais sur place et on est prêt à attaquer le safari, plus motivé que jamais !

Où dormir ? Où manger ?

La solution la plus pratique est de dormir dans les camps. Ce sont des sortes de petits villages disséminés un peu partout à l’intérieur du parc. Ils sont généralement séparés d’une cinquantaine de kilomètres les uns des autres (soit environ 2 heures de route, on roule lentement dans le parc !). On y trouve un accueil, un magasin (pour faire des provisions, acheter des livres et/ou des souvenirs), un restaurant et plein d’hébergements (du plus cher au plus économique : maisons, bungalows, tentes de safari et emplacements de camping). Certains camps offrent des services supplémentaires comme un bureau de poste, un cabinet médical ou une station essence.

Léopard dormant dans un arbre

Nous dormons généralement dans les bungalows qui, même s’ils sont un peu vieillots, sont très propres et offrent tout le confort dont on pourrait avoir besoin : literie très correcte, salle de bain, frigo, et même pour certains cuisine et barbecue. Il faut compter 70 à 80€ par nuit pour deux et les réservations se font au travers du site SANParks, que nous trouvons très bien fait. Le conseil qu’on aurait bien aimé avoir la première fois, c’est qu’il est possible de réserver plusieurs hébergements dans différents camps avec le même numéro de réservation. Pratique, ça permet de tout payer d’un coup et de n’imprimer qu’une seule feuille avec toutes les références.

Le repas du lion

Se restaurer à Kruger est tout aussi simple : on trouve à manger dans tous les camps et même dans certaines aires de pique-nique (comme Tshokwane, entre Skukuza et Satara). Les restaurants sont bon marché : on y mange un repas tout à fait correct pour 10 à 15€ par personne. On trouve dans les magasins des camps tout ce qu’il faut pour se faire sa popote soi-même si on a une cuisine dans son bungalow. En ce qui nous concerne, on aime bien prendre de quoi pique-niquer le midi, comme ça on peut s’arrêter où on veut et quand on veut pour déjeuner.

Et les vaccins ?

Premièrement, et c’est valable aussi bien en Afrique du Sud qu’en France et partout dans le monde, il faut bien entendu être à jour de ses vaccins « classiques », obligatoires ou recommandés.  Ensuite, il faudra être vacciné contre l’Hépatite A. Si vous ne l’êtes pas encore, la première injection est à faire au moins 15 jours avant le départ. En faisant un rappel un an plus tard, on est ensuite tranquille pour tout la vie !

Troupeau de buffle au bord de la rivière

Mais les vaccins ne sont pas le plus gros soucis à Kruger. Non, ce qui est pénible, c’est que le parc est situé en zone de paludisme et, qu’en plus de se protéger contre les piqûres de moustiques, il faudra prendre un traitement antipaludéen. En ce qui nous concerne, on n’a jamais trop croisé de moustiques dans le parc mais on n’a jamais pris le risque d’arrêter le traitement, même s’il me fait faire plein de cauchemars (c’est un des effets secondaires fréquents) !

Pour plus des informations plus précises et bien à jour, vous pouvez vous rendre sur le site de l’Institut Pasteur. Et dans tous les cas, il faudra consulter votre médecin avant le départ, c’est lui qui sera le plus à même de déterminer de quel(s) vaccin(s) et de quel(s) traitement(s) vous aurez besoin.

Nous sommes arrivés à la fin de cette première partie ! Si vous avez des questions à nous poser ou des remarques à nous faire, n’hésitez pas à nous laisser un commentaire. Ce sont vos retours qui nous permettront d’améliorer ce guide en le rendant plus pertinent.

Le guide se poursuit ici :

Camps et itinéraires

Activités et conseils

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